we dowe areChapter.Zerowe feelSHOP
19.6.2021 12:03 PM

As-tu déjà entendu un rire impartial? Tout le jugement sans le mépris ni l'hostilité. Une présence sur l'épaule, empreinte de toute connaissance et de tout l'espoir nécessaire pour te voir faire mieux. Simple. Simple comme de s'abandonner à une mauvaise chute.

Mais dans nos paradoxes, on oublie qu'on se désire toujours ailleurs, comme si ailleurs existait. On écoute les autres parce qu'ils savent être heureux à notre place et on ressent leur joie par contraste à la nôtre tout en se blâmant pour ne pas savoir quoi en faire. S'il fallait qu'on se rende compte qu'elle se trouvait juste ici.

Regarde dans tes yeux.

Sans geste. Sans volonté. Juste la compréhension que l'extase vient au prix de la déception, que la saveur est facturée par le dégoût, que les autres n'existent qu'en notre présence. Mon amour et mon affection se serrent la main, partent dans des directions opposées.

Je me comprends. Pas dans un sens exclusivement hypocrite. Je me comprends dans toutes les couches de ce que j'incarne. Infaillible et vulnérable. Petit et majestueux. Brillant et aveugle. Juste assez vivant pour assimilier l'univers au grand complet.

Et dans ce même élan, je me vois en toi. J'oublie nos personnalités et je te remercie d'être là pour moi, différent et identique.

17.6.2021 9:36 AM

Réduits par notre langage, ironiquement. Une dictature par beige excessif. Micro-agressés. On se pousse des plumes jusqu'à ce que les derniers d'entre nous entrent dans une prédation par défaut. Renards et poules. Isolés dans un groupe où on ne se partage que nos craintes. J'ai peur d'avoir peur. On scroll au travers de notre nouvelle littérature.

Désapprendre à s'exprimer. Je peine donc je suis. Si seulement on avait le courage de se faire mal.
3.3.2021 11:10 AM

Je sais pas si tu vas me comprendre à l'envers

Je sais même pas si tu vas m'entendre à l'endroit.

Je sais pas si on est une fiction mutuelle

ou si l'un de nous a vraiment inventé l'autre.

Ça fait aucun sens comme des hiéroglyphes chantés en braille,

Comme se réveiller sans jamais avoir dormi.

On vient au monde comme un Big Bang.

Naître est un miroir.

Être et l'arbre et la forêt.

Qui aurait cru qu'on se tromperait un jour

Sur notre propre identité.

Comme quoi, y'a pas de couleur sans oeil.

Y'a pas de son sans oreille.

C'est à croire que Dieu n'est pas papi nuage

le vieillard qui, avec sa barbe blanche

jaunie par un joint, s'ennuie avec ses anges.

Lui qui sait qu'il n'y a qu'en dessous des draps

Qu'on se rappelle comment bâtir des Pyramides.

Autant spirituel que spiritueux.

Dieu c'est la poussière qui danse près de la fenêtre.

Dieu c'est être seul en pyj un vendredi soir.

Dieu c'est la fois où on a parlé jusqu'au levé du soleil sans s'en rendre compte.

Dieu c'est la Bibliothèque de Babel.

Dieu c'est le chalet à Tremblant.

Dieu c'est notre première peine d'amour.

Dieu c'est le Golden Hour pas de caméra.

Dieu c'est ton rire.

Dieu c'est tous les textes qu'on écrit et qui ne seront jamais lus.

Dieu c'est Maman.

Dieu c'est Maman.

Dieu c'est Maman.

Dieu c'est Maman.

Tu la vois avec ses ailes. "Damn you look good." Parce que seule elle peut faire des questions des réponses.
24.2.2021 11:10 AM

je ne suis que point je ne suis que point point vide point important point négligeable point fini parmi tous les je ne suis qu'un point sans point je ne suis qu'un point je suis tout je suis tout j'en suis une partie infime partie d'un point antérieur lui-même antérieur à un autre lui-même issu d'un point issu de je ne suis qu'un point une nova intersidérale un amour sans bornes ni norme et pour ne jamais anéantir c'est elle qui m'a voulu ainsi pour ainsi dire je ne suis qu'un point mon père est zéro et il est parfait /infranaturel/ il ne nous a pas désiré il doit être triste de ne pas voir notre beauté de là-bas, à l'Origine

[infranaturel; l'autre côté du miroir.]
3.1.2021 8:10 AM

And it seems as though everyone can't be bothered by anyone else. Even in the summer, the sky is grey and our chains tie us to the past like untrained dogs. Ironically, the trick is quite simple. This is why I've come to the conclusion that those chains are the only thing keeping us from evading from reality.

Pain is my friend and that bitch won't shut up. To clear things up, times where I've felt physical pain are quite rare. In fact, I can't recall the last time I've been seriously injured. The city's quite safe and so is my neighborhood. My friends don't do drugs and I don't really travel. My life is here and oh boy, does it suck. It sucks severly.

It sucks just as a shot of tequila with a dash of loneliness.

Unsatisfying orgasms like cornflakes in the morning. They do the job but they keep your mind craving for more during the day. Not that I'm obssessed. I just feel like when your life is only climax and no build-up, you end up with the everlasting feeling that nothing will ever pull you out of your own numbness.
31.10.2020 7:20 PM

On pique des crises par exercice. C'est à croire qu'on ne fait pas confiance aux autres, étonnament. On teste nos relations pour savoir à quoi s'en tenir quand viendra le temps de franchir le point de non-retour. On crée du mélodrame par Catharsis, comme pour vivre une partie du deuil qu'on subirait trop soudainement en cas critique. On se tue à petit feu. De un, parce que c'est inéluctable. De deux, parce que dans nos efforts de vivre, même la mort, on aimerait la faire durer.

On pique des crises par exercice. Parce que se faire mal fait du bien. Parce que rien de parfait ne dure. On fait mal aux gens qu'on aime. Souvent parce qu'on ne resent plus soi-même le risque. Parce qu'au fond, les autres demeurent la seule partie de soi qu'on parvient toujours à comprendre.

On se chicane par diagnostic. La douleur est un bon médecin mais l'amour demeure la médecine. Nos chicanes servent explicitement à se réconcillier. On ignore les gens qu'on n'aime pas. Par désir ardent de voir l'autre essayer de recoller les morceau, on brise le vase en premier lieu. La beauté de la chose. pareille à la vie, c'est qu'en mettant l'autre dans la balance, on court le risque de tout voir pencher d'un bord ou de l'autre. Bien entendu, on ne pique pas des crises par suicide. Toutefois, si on pouvait pleinement prédire le résultat de chaque combat, aucun de nous n'en verrait l'intérêt. On se chicane pour faire avancer les choses, pour contraster du bon afin de mieux le voir, pour trouver sa place sur le tableau.

D'une manière ou d'une autre, si ce n'était de nos petites morts, il n'y aurait plus rien de grand à nos vies.
27.9.2020 11:25 PM

Most of us fail to understand how much it takes to create a spark.

Though it's no flame.

No bonfire.

No supernova.

A spark is the start of it all. It's matter turned into energy; form turned back into substance.

If you take a match, in it's simplest form, you find yourself holding an odd sitck of wood. And though the match's sole purpose is to create a spark, it is not it. You do not have a stack of unlit flames in your pocket, sitting there, waiting for you to light a cigarette. A match is matter. Inert, still, but holding a promise.

If you take that same match and strike it, you obtain a flame. Simple enough. But was it you that created the flame, that summoned the energy? Of course not. It was there all along. What was a simple piece of stick becomes a weapon strong enough to burn bridges.

See? The argumentative is not to define the line between what is matter and what is energy. Both are ends of one and only spectrum. As is everything. Without white, there can't be black. Without indifference, there can't be love. Without form, there is no substance.

And you, in all of this?

Are you the match or are you the flame? If we lived in a binary world, of course it would imply a choice. You'd have to be one of two options. But spectrums are of another nature, not infinite, but complete. You, of course, share their nature. You are not still like the match and not volatile and chaotic like the flame. You are the symphony that orchestrates the instrument into music.

It is when you stop imposing on yourself the responsibility, or say, the burden of life that you start experimenting it all. Nothing is made to be permanent. You won't outlive your own story; and it, won't outlive ours.

What is to be made of all of this is that if you are said to orchestrate the music of life, you would start to study music, it's beauty and it's pattern because that's how the human mind works. We analyse and categorize chaos into beauty. We pursue perfection, never achieving it. But what is studying art without creating? And what is creation without novelty?

No one asks of us that we create. It is innate to us. As the flame awaits within the match, creation awaits in our mindsouls. And if the purpose of a match is to be lit, so is yours. The only thing that differentiates you from the match is the kind of fire you create. But as the match can create bonfires. The human mind can spread too. It can light revolutions, spark inventions, summon universes.

And in this precise instant. We all become drops in the same ocean. If you are like us, you'd like to set sail in it. Explore it all. And if behind every skull there is a different garden, who would we be to refrain one's flowers to bloom?

Most of us fail to understand how much it takes to create a spark.

Though it's no flame.

No bonfire.

No supernova.

Not yet, anyway.

We will be the ones to fill in the blank.

28.5.2020 6:45 PM

Aucun nuage ne peut cerner les yeux de la nuit. Elle seule me voit, un joint mal roulé entre ses vieux doigts de bourgeoise, et me juge. La nuit me juge pour ce que je t'ai fait et pour ce que je vais oser me faire si tu n'accours pas à mon secours. Est-ce que c'est irréel de penser qu'après t'avoir détruite, c'est encore à toi à venir me sauver. Mais c'est comme ça qu'on fonctionne, toi et moi, non? Tu chasses, je fuis. Tu espères, je déçois. Tu tues, je meurs. La nuit, elle, nous a conçus pour cette danse létale.

Mes yeux se brisent comme deux étoiles mortes sur la lumière de mon cell. Ton compte Instagram et sa première photo en compagnie d'un autre. Récente d'environ quatre minutes, elle anéantit rien que comme ça des mois entiers de notre histoire. Ça y est. Tu m'as enterré pour de bon. Tu ne viendras pas me sauver, me ressusciter pour une dernière valse. Peut-être la nuit s'est-elle lassée de nous. Tu es sa Nouvelle Lune, sombre et mystérieuse et moi son océan, infiniment froid. Elle nous laisse en éternelle marée basse. Mais toute cette eau doit aller quelque part.

Appelons ça une cascade. La Terre est plate. Vraiment plate. et à ses confins l'océan se jette dans l'espace, imitant une espèce de cascade céleste. Je n'ai pas eu de difficulté à escalader le bloc de mon appartement. Peut-être que tu te souviens à  quel point tu aimais grimper les balcons ferreux, à l'insu des voisins et comment, une fois au haut de l'édifice, le vin qu'on y amenait goûtait meilleur. À l'époque, je te regardais de bas, dans tous les sens du terme et il me semblait que les nuages allaient plus vite parce que tu avais la tête dedans. Dans la solitude, par contre, le toit du bloc a quelque chose de plus sinistre, comme le cimetière de nos mémoires. Ce soir, la nuit a enfilé sa belle robe de septembre, celle qui laisse voir au travers d'elle. Je ne pourrais dire si c'est pour me teaser ou pour me donner espoir.

La robe de nuages se disperse pour laisser place à une scène agréable de constellations. Orion, la grande Ourse, l'étoile polaire. je ne les connaissais que de noms. Je n'aurais pas pu te les pointer, te les décrire, te raconter leur histoire. Ces étoiles, c'était comme un livre pour aveugles; beaucoup de points, peu de dialogue. J'étais tout de même surpris d'en voir autant. J'avais beau être au sommet d'un gratte-smog de 5 étages, j'aurais pensé que la pollution visuelle de la ville les aurait rendues timides. Eh bien...

Je tire sur mon joint jusqu'à ce que ma trachée se fâche et reprends ma lente descente aux enfers des réseaux sociaux. Une nymphe en maillot, un like. Une voiture de rêve, un like. Une énième photo de bouffe beurrée de filtres, un autre like pourquoi pas. C'est tout de même fou comment l'esprit peut se mettre soi-même sous sédation avec ce genre d'activité. Je creusais ma tombe à coups de pouce et je le savais. Je suis resté pourtant comme ça, des heures peut-être, à défiler loin dans la profonde superficialité des gens heureux.

Je roule un autre joint puis ça me frappe. Est-ce qu'il y avait en ce moment ne serait-ce qu'une personne qui pensait à moi? Ça faisait peut-être sept mois depuis la dernière fois où mes parents avaient pris de mes nouvelles. Je ne manquerais probablement pas à mes 27 abonnés et toi, tu étais retournée dans le Nord, chez tes parents. De tous, c'était probablement toi qui serais la plus ravie d'entendre la nouvelle, demain matin. C'était réconfortant de savoir qu'au moins, le seul impact que ma mort aurait serait celle de ma carcasse sur le ciment du trottoir. On dirait que ce n'est qu'en chute qu'on tombe vraiment en amour.

3.4.2020 9:00 PM

J'aurais dû mieux planifier ma naissance

Sorti sur un coup de tête

le sang fait de verglas et d'été

Je pense que j'avais hâte de voir le monde.

Pour l'instant ma peau de bronze

Se porte comme une médaille d'or

Mes grains de beauté écrivent l'amour en braille.

Mes cheveux tombent en boucles vers le ciel

J'ai le sourire confortable.

Je suis, en d'autres mots,

Un fucking kid.

Papa est foncé. Maman est pâle.

Mon frère court vite.

Tout le monde est québécois. Cool.

J'ai juste hâte d'aller jouer au soccer.

L'école m'aura bien appris une chose :

Être foncé en permanence

C'est pas normal.

C'est pas grand chose non plus.

Antoine bronze plus vite que moi.

Mais mon nez rond me trahit.

Je suis un exotique.

"Non, mais tu viens d'où?"

D'ici. Difficile d'y croire.

Je reste silencieux.

Après avoir nommé tous les pays de la carte

Il faut en venir à l'évidence :

Un homme noir quelque part

A aimé une femme blanche.

Drôle comment parfois

Les réponses deviennent des questions.

"Te sens tu plus Blanc ou Noir?"

Comme choisir entre deux saisons.

L'un me fait aimer l'autre.

Les deux me font m'aimer moi.

Pourquoi faire semblant d'avoir honte?

J'aime mes deux parents.

Mes deux parents m'aiment.

Ils m'ont appris à parler pour inclure

À écrire pour guérir

À investir en moi

Parce que mes racines franchissent les Mers

Parce que le mot Métis veut dire "Ruse"

Parce que l'Amour n'a d'égal que soi-même

Parce que l'Autre n'est qu'une différente version de moi.

Je n'aurais pas pu mieux planifier ma naissance

Sorti sur un coup de tête

le sang fait de verglas et d'été

Je pense que j'ai hâte de réécrire le monde.